Overblog
Segui questo blog Administration + Create my blog
16 dicembre 2019 1 16 /12 /dicembre /2019 06:00

Quest'articolo era stato scritto partendo da documenti di seconda mano, da estratti di La Confessione (Ispoved) di Bakunin e da informazioni orali. Dopo attenta lettura di La Confessione, non vedo nulla da aggiungere né da togliere.

V. S. giugno 1921
 

La Confessione di Bakunin

Il nostro compagno Victor Serge, esposto da lungo tempo oltre alle ingiurie degli anarchici francesi che non gli perdonano la sua leale e sincera adesione al comunismo, è stato recentemente investito da calunnie e oltraggi sotto il seguente pretesto: Victor Serge aveva scritto, il 7 novembre 1919, un articolo riguardante la Confessione di Bakunin documento sconosciuto dal pubblico sino ad oggi e di cui non si conosceva l'esistenza che attraverso allusioni fatte da James Guillaume nella sua nota biografica (tomo II delle Oeuvres di Michel Bakounine, Parigi, 1907. I commenti di Victor serge, rispettosi della memoria di Bakunin così come della verità storica, non presentavano affatto carattere di sacrilegio o iconoclastia che degli avversari indegni gli attribuirono più tardi, così come il lettore potrà, grazie a noi, giudicare.

Per quali circostanze quest'articolo fu tradotto, deformato, snaturato e riprodotto in Germania? Victor Serge lo ignora e così noi. Certo, non dissimulerò la penosa sorpresa che ho provato venendo a sapere che il Forum di Herzog ne aveva pubblicato un testo manipolato. Non voglio attardarmi sulle successive alterazioni che l'articolo ha potuto subire in alcune traduzioni, ritraduzioni e riproduzioni in Svizzera e in Italia. Il fatto essenziale è che il pensiero e l'espressione di Victor Serge sono stati falsificati, e contro il suo volere.

Non ci voleva molto per dare a degli avversari il pretesto per delle diffamazioni che mi vergognerei soltanto a discutere. Il solo fatto deplorevole è che la nostra rispettata amica Séverine sia stata indotta in errore dalla campagna condotta contro Victor Serge, e abbia pubblicato nei confronti di quest'ultimo delle affermazioni ingiuste. E' per questo che, per farla finita con tutte le interpretazioni tendenziose e le deformazioni malevoli, credo sia necessario pubblicare qui il testo autentico, dell'articolo di Victor Serge, con la certezza che Séverine, che tutti i lettori, renderanno al nostro collaboratore la giustizia che gli è dovuta e l'omaggio che merita un probo scrittore, un rivoluzionario disinteressato, un militante devoto e coscienzioso. Victor Serge ha rivolto d'altra parte una risposta a Sèverine che il Journal du Peuple, voglio sperare, ha tenuto o terrà l'onore di pubblicare [1].

Boris Souvarine

 

Gli archivi segreti della polizia russa contengono certamente un gran numero di documenti del più grande interesse. Si deve collocare tra quest'ultimi la Confessione di Bakunin la cui pubblicazione rattristerà indubbiamente un gran numero di compagni.

 

grand nombre de camarades. De l'avis de tous ceux qui ont lu cette Confession, à laquelle le professeur Illinsky a consacré un article dans le Viestnik Literatoury de Pétrograd (1919, n° 10) elle éclaire la personnalité de Bakounine d'un jour nouveau, inattendu et pénible.

 

Après sa participation au mouvement révolutionnaire en Russie, en France, en Allemagne (1848-49), Bakounine fut enfermé dans les geôles du tsar, d'abord à la forteresse Pierre et Paul, puis à Schlüsselbourg. Exilé ensuite en Sibérie, il ne réussit à s'en échapper qu'en 1861.

 

C'est à cette période de sa vie, passée dans les cachots de l'autocrate de toutes les Russies et en Sibérie que se rapportent les documents aujourd'hui mis à jour dans les archives de la police russe. L'homme de fer, le révolutionnaire irréconciliable qui avait été pendant plusieurs jours le dictateur de Dresde insurgée, que l'on avait enchaîné au mur de sa prison dans la citadelle d'Olmütz, dont deux empereurs se disputaient la tête, et qui devait ensuite, jusqu'au dernier jour, de sa vie, rester l'initiateur et l'inspirateur d'une élite de révoltés — le père spirituel de l'anarchisme, semble avoir traversé une terrible crise morale et n'en être pas sorti indemne. Peut-être ne s'en est-il fallu que de peu pour que le chêne fût déraciné et tombât... D'aucuns — il a encore tant d'ennemis, maintenant qu'il est mort depuis bientôt cinquante ans, — parleront même de la « chute de Bakounine » avec une joie mauvaise...

 

A ses amis Alexandre Herzen2 et Ogarev3, Bakounine écrivit de Sibérie quelques lettres où l'on trouve de brèves allusions à sa Confession. Nicolas I lui avait fait proposer par le comte Orlov4 de lui écrire « comme le fils spirituel écrit à son père spirituel ». (L'Empereur, remarquerons-nous, était très bien dans son rôle en faisant à son prisonnier cette proposition. Chef de l'église orthodoxe il se considère comme le pêre spirituel de ses sujets.) Bakounine écrit :

 

Ayant un peu réfléchi je pensai que, devant un jury, au cours de débats publics, j'aurais dû soutenir mon rôle jusqu'au bout ; mais que, enfermé entre quatre murs, au pouvoir de l'Ours, je pouvais sans honte, adoucir les formes...

 

« Adoucir les formes » paraîtra en tout cas au lecteur de la Confession (et des autres documents) un euphémisme. Dans ce cahier de 96 pages de fine écriture trouvé parmi les archives de la 3eme section du ministère de l'Intérieur (Département de la police), Bakounine se flatte d'exposer à l'Empereur « toute sa vie, toutes ses pensées, tous ses sentiments ». Il écrit à « l'Ours » :

 

Je me confesserai à vous, comme au père spirituel dont l'homme attend le pardon non dans ce monde, mais dans l'autre...

 

Et sous la plume de l'athée, ces lignes prennent une signification singulière.

 

Ses actes, il les qualifie de projets fantastiques, d'espérances dénuées de fondement, de projets criminels. Racontant sa vie à l'étranger, il déclare n'avoir « péché consciemment » que depuis 1846. Le ton de toute sa confession est celui d'un vaincu qui s'humilie et trouve, à certaines heures un amer plaisir à se flageller.

 

J'ai été à la fois trompé et trompeur ; j'ai leurré les autres et je me suis leurré moi-même, comme si je faisais violence à mon propre esprit et au bon sens de mes auditeurs. Situation antinaturelle, inconcevable, dans laquelle je m'étais mis moi-même, et qui m'obligeait quelquefois à n'être qu'un charlatan malgré moi.

 

Il y a toujours eu en moi beaucoup de Don-Quichottisme...

 

Certes, il serait difficile à un homme de conscience et d'action de parler de lui-même avec plus d'amère dureté. Le professeur Illinsky, commentant ce passage, y voit « la tragédie de l'homme d'action qui en arrive à douter de son œuvre et à prendre conscience de son insincérité »... Mais ce dernier mot que le texte cité légitime pleinement n'est-il pas injuste au fond ? Aux lignes que Bakounine écrit dans sa tombe d'enterré vif, ne peut-on pas opposer tout entière, avant et après, son orageuse vie d'insurgé ? L'homme d'action d'ailleurs, le « meneur » — et Bakounine fut bien un meneur — est souvent contraint à la surenchère. Forcer la note, exagérer, insister, grossir tels faits au détriment de tels autres, autant de nécessités psychologiques de toute propagande, accrues encore par la passion du militant, accrues précisément d'autant plus qu'il est plus sincère. Plus tard, dans le morne recueillement de la prison, dans la dépression de la défaite, l'esprit sévère envers lui-même imputera peut-être à un manque de sincérité ce qui n'était qu'entraînement de la pensée et de l'action quotidiennes. Hélas ! nous voici défendant Bakounine contre lui-même !

 

Il semble qu'à chaque page de la Confession un pareil raisonnement est nécessaire pour que l'on ne soit pas navré. Bakounine n'est pas désenchanté que de lui-même. Tout le mouvement européen auquel il a pris une part si fougueuse lui apparaît maintenant misérable et vain. « L'Europe entière vit du mensonge », dit-il. Il est « dégoûté, écœuré » des Allemands. La révolution de 1848 lui a montré « l'impuissance des sociétés secrètes ». « Aucune des théories sociales en cours (en Angleterre, en France, en Belgique) n'est capable de supporter l'épreuve de trois jours d'existence. » Il ne reste véritablement fidèle qu'à son panslavisme. Les peuples slaves, en contraste avec les nations dégénérées de l'Europe occidentale, sont les seuls demeurés sains, les seuls communistes d'origine et de tempérament. Leur groupement peut produire une puissance magnifique, un nouvel « Empire d'Orient » dont Constantjnople serait la capitale. Pour que la Russie puisse se mettre à la tête du mouvement panslave et accomplir la mission qui lui incombe, il y faut une transformation profonde. Et Bakounine ici redevient révolutionnaire devant le tsar lui-même, rêvant peut-être malgré lui d'un nouvel autocrate révolutionnaire, en qui renaîtrait le génie de Pierre le Grand ? A l'heure actuelle, certaines lignes de la Confession acquièrent un intérêt remarquable. Certes, Bakounine aimait, connaissait, comprenait profondément la Russie. Il a vu très loin dans sa destinée, il a compris — prophétiquement — ce qui lui était nécessaire, de par l'histoire.

 

Le pouvoir représentatif, constitutionnel, l'aristocratie parlementaire et ce soi-disant équilibre des pouvoirs dans lequel les forces sont si habilement réparties qu'aucune ne peut agir, en un mot tout ce catéchisme étroit, rusé, indécis des libéraux européens ne m'a jamais inspiré ni vénération, ni profond intérêt, ni même respect.

 

 

Je croyais qu'en Russie plus que partout ailleurs, un pouvoir dictatorial puissant serait nécessaire, qui s'occuperait exclusivement d'éclairer les masses et d'élever leur niveau moral ; il faudrait un pouvoir libre dans ses aspirations et son esprit mais sans formes parlementaires, qui publierait des œuvres libres, mais sans liberté de presse, — qui serait entouré d'hommes convaincus, et guidé par leurs conseils, affermi par leur libre concours, mais que rien ni personne ne limiterait.

 

En vérité, voilà qui est prophétique. Lénine ne pourrait pas dépeindre en d'autres termes la dictature prolétarienne et l'opposer avec un plus ample mépris à la démocratie des radicaux français et anglais. Ce pouvoir illimité, dictatorial et libertaire soutenu par des hommes de conviction ardente, existe : il s'appelle la République des Soviets. Dès 1848, Bakounine pressentait le bolchevisme ; et peu de temps après, il conseillait ses méthodes à l'empereur Nicolas Ier. Ironie de l'histoire !

 

Sa Confession n'a donc rien d'humiliant pour son esprit. Les pages où il doute ne sont-elles pas compensées par les lignes où il prophétise avec une si étonnante lucidité d'esprit ? Car on ne peut contester la valeur des méthodes et des faits, on ne peut contester qu'ici Bakounine a vu étonnamment juste.

 

Le ton général de la Confession se définit assez bien dans les lignes suivantes :

 

Ayant perdu le droit de me qualifier le fidèle sujet de Votre Majesté Impériale je signe d'un cœur sincère, — le pêcheur repentant Michel Bakounine...

 

Bien plus que devant le tsar-juge, je suis maintenant devant le tsar-confesseur et je dois lui ouvrir les sanctuaires les plus secrets de ma pensée...

 

Je n'ai pas mérité cette grâce (la proposition d'écrire sa confession) et je rougis à la pensée de tout ce que j'ai osé dire et écrire de la sévérité inexorable de Votre Majesté Impériale.

 

 

Que si l'on attribue le ton et l'allure de la Confession à une époque de dépression et de crise, à une époque de désespoir, comme on serait tenté de l'admettre en se représentant l'homme d'une énergie exceptionnelle, enfermé, isolé, condamné à mort, vivant dans un tête-à-tête continu avec la pensée d'une mort prochaine, inutile et grise, comment expliquer certaines de ses suppliques adressées de Sibérie — où il vivait déjà dans une liberté relative et dont le ton, comme me le disait une personne qui les a étudiées, est servile ? Certes, Bakounine connut une bien grande torture. « Chaque jour, dit-il, on se sent abêtir... » Dans telle supplique, on ne voit plus que le cri d'un torturé :

 

Ne me laissez pas mourir dans une réclusion perpétuelle. Reclus, on se souvient, on se souvient sans cesse et sans fruit. La pensée, la mémoire deviennent un inexprimable supplice. On vit, on vit longtemps malgré soi et, ne mourant pas, on se sent chaque jour mourir un peu dans la détresse et l'oisiveté.

 

Il s'est humilié, il a faibli, sans doute, il n'a pas trahi. Sur un point, il a été inébranlable, et c'était aux yeux de l'empereur Nicolas le point essentiel. Il a écrit :

N'exigez pas que je vous confesse les péchés d'autrui... Je n'ai sauvé qu'un seul bien dans le naufrage : l'honneur et la conscience, de n'avoir jamais allégé mon sort par une trahison.

En regard de ces lignes, l'Empereur a noté qu'elles « annihilaient toute confiance »...

Quand ce livre douloureux aura été publié, étudié ligne à ligne et situé dans la biographie critique du grand anarchiste, on pourra sans doute esquisser sur la personnalité de Bakounine un nouveau jugement. Suivant le professeur Illinsky qui s'exprime pourtant avec la plus grande modération, son caractère de révolutionnaire en sortira « amoindri ». Bakounine écrivant aux autorités sibériennes pour solliciter un poste de fonctionnaire, dissimulait ce fait à son ami A. Herzen, au prix d'un mensonge. Sans mon consentement, écrivit-il, le gouverneur de la Sibérie Hasfor m'a obtenu l'autorisation de prendre du service...

 

Au cours de la première querelle des socialistes et des anarchistes dans l'Internationale, ce fut un épisode bien triste que celui des calomnies dont Bakounine fut l'objet de la part de quelques amis trop zélés de Marx et auquel, suivant quelques-uns, Marx lui-même ne serait pas resté étranger. Des rumeurs circulèrent, concernant de vagues relations entre Bakounine et le tsar, entre Bakounine et la police du tsar. La découverte de sa Confession fait la lumière à ce sujet. Les calomnies durent prendre racine dans quelques demi-révélations intentionnelles de la police impériale sur le document confidentiel que le tsar avait fait classer dans ses archives. Le gouvernement russe projeta même de le publier dans le but de discréditer son adversaire, évadé, redevenu son ennemi irréconciliable.

 

S'il s'agissait d'un homme ordinaire, d'un obscur militant de la révolution, cette crise, Olmütz, Pierre-et-Paul, Schlüsselbourg, la peine de mort, l'isolement, la Sibérie suffiraient à l'expliquer. Mais Tchernichevsky5 enfermé ou exilé vingt ans, côtoyant indéfiniment la folie, n'a pas faibli. Mais Vera Figner6, Morozov7, qui sont sortis de Schlüsselbourg après vingt ans n'ont pas eu de pareils « repentirs ». Mais tous ceux, célèbres ou inconnus, qui sont devenus fous ou qui sont morts dans les geôles du tsar, s'ils ont subi une passion mille fois plus longue que celle du Christ, s'ils ont parfois douté d'eux-mêmes et de leur œuvre, s'ils ont parfois défailli, se sont tu et leurs bourreaux n'en ont jamais rien su. A ceux-là et à ceux qui ont hérité de leur esprit, la Confession de Bakounine fera mal. A ce moment de sa vie Bakounine a chancelé. Il n'a pas été « surhumain ». Plus énergique, plus impétueux, plus ardent, plus clairvoyant, plus imaginatif que beaucoup, il n'a pourtant pas été inébranlable. Tel quel il a dominé sa génération, il domine encore la nôtre mais nous l'eussions préféré inflexible, afin que, plus tard, sa légende soit plus belle. Car il est de ceux qui laissent une légende. Le document humain que l'on vient de découvrir nous apprend qu'il a eu comme presque tous les hommes, ses heures de défaite et que, plus grand que la plupart, il en a aussi été plus brisé.

Victor SERGE.

Pétrograd, 7 novembre 1919.

 

Notes

[1] Le J. du P. a publié, depuis que ces lignes ont été écrites, la réponse de Victor Serge. — B. C. Dans le numéro 4 du Bulletin communiste (troisième année), 26 janvier 1922, figure la précision suivante de Victor Serge : « Une regrettable erreur s'est glissée dans la note d'introduction dont Boris Souvarine a fait précéder mon article sur la « Confession de Bakounine » et pour laquelle je le remercie infiniment.
« Je ne dissimulerai pas, dit B. Souvarine, la pénible surprise que j'ai ressentie en apprenant que le Forum d'Herzog en avait publié (de l'article sur la « Confession de Bakounine) un texte tripatouillé... »
« Notre ami avait été mal informé. La traduction de mon article publié par le Forum est scrupuleusement conforme au texte que vous avez publié vous-mêmes. Et la probité littéraire du camarade W. Herzog qui dirige le Forum — une des rares revues intellectuelles communistes d'Allemagne — ne saurait s'accommoder d'aucun « tripatouillage » de texte.
Ce sont des « traducteurs » et « retraducteurs » d'Italie et de Suisse — que l'on m'a depuis fait connaître — qui ont « tripatouillé » mon texte, en y ajoutant un titre déplorable, en en supprimant des passages essentiels, en en abrégeant d'autres, en y ajoutant des commentaires — pour finir par lui donner l'allure de la triste chose échouée dans les colonnes du Libertaire qui me l'imputa avec joie.
Voici les faits rétablie et le camarade Herzog hors de cause. — Victor Serge.

[2] Alexandre Herzen (1812-1870), philosophe russe.

[3] Nikolaï Platonovitch Ogarev (1813-1877), socialiste et philosophe matérialiste.

[4] Alexeï Fiodorovitch Orlov (1787-1862), dirigea la police secrète du tsar de 1844 à 1856.

[5] Nikolaï Tchernichevsky (1828-1889), auteur du roman Que faire ?

[6] Vera Figner (1852-1942), narodnik, elle assassina Alexandre II en 1881.

[7] Nikolai Alexandrovich Morozov (1854-1946).

Condividi post

Repost0
11 giugno 2017 7 11 /06 /giugno /2017 05:00

Il Libro di Pietra

 

 

 

I

Pervinche e violette
 

Durante la nostra ultima passeggiata, abbiamo colto delle pervinche e delle violette.

Sorridevi, guardando le pervinche.

E dicevi: "Quanto sono belle!".

Sorridevi, annusando le violette.

E dicevi: "Quanto profumano!".

Poi, annusasti le pervinche, e facesti la faccina delusa. E ti udii mormorare: "Questo fiore, che è così bello, dovrebbe profumare!".

Guarda, Piccola Pietra, il tuo desiderio è diventato realtà.

Porto sulla tua tomba un mazzo di questi begli occhi fiori blu così gentilmente risvegliatisi, delle pervinche; ma ho dato loro il profumo delle violette.

E tu sorriderai, mia adorata. E non farai più la faccina delusa, vero?

II

Il gioco dei segreti

 

Se tu sapessi, mia Piccola Pietra, ha sempre gli occhi rossi, la tua mamma, e le sue gote sono ora incavate.

Eri contenta un tempo di avere una mamma molto bella. Non deve succedere che smetta di esserlo. Non deve succedere che si ammali.

Ti darebbe troppo dispiacere, non è vero, Passerottina?

Allora io mi nascondo e vengo qui da solo, senza che lei lo sappia.

Forse anche lei viene qui da sola di nascosto. Ma non te lo chiedo. Se avete dei segreti, non me li dovete dire. Perché non voglio che tu le dica i miei, capisci?

Ti ricordi? Ti piaceva tanto giocare ai segreti. Mi dicevi: Papà, dimmi un segreto; non lo dirò a nessuno.

Domani, te ne dirò un altro di segreto. No, non oggi, domani.

A domani, mia adorata.

 

III

Il grande segreto
 

Lo sai perché vengo solo, amica mia? Perché la tua mamma non mi accompagna?

È perché, a me, fa bene parlare con te. Mentre alla tua mamma, fa male.

Noi due, parliamo amabilmente, senza piangere. Oppure, se piango, è sommessamente, con un sollievo melanconico e profondo. È così bello rivivere un momento con te.

La tua mamma, quando la conduco qui con me, piange per tutto il tempo grosse lacrime pesanti che cadono sino a terra e che le fanno molto male.

Ascoltami bene, mia Piccola Pietra; ti dirò il grande segreto.

Non deve succedere che la tua mamma pianga troppo, perché, quando sei partita, avevamo prenotato da due mesi quel fratellino che tu ci chiedevi sempre.

E, come sai, quando le mamme piangono, il mercante di Parigi invia un fratellino brutto come una scimmietta, piccolo come un pupazzo da pochi soldi, e che piange tutto il tempo, e che non ha per niente forza; e che, quasi sempre, muore.

Allora, poiché tu vuoi avere un bel fratellino, bello grande, ben paffutello, che non piange, e che vive, e che sia forte, non deve succedere che la tua mamma pianga.

IV

Gelosa
 

Eri molto gelosa delle carezze del tuo papà. Non potevo abbracciare la tua mamma senza che tu dicessi:

Anch'io, papà!

E se facevo finta di non udirti, tra la tua mamma e me ti infilavi; ti aggrappavi ai miei abiti; e ti arrampicavi lungo me.

Ero così costretto a occuparmi di te, e prenderti tra le mie braccia, e darti la tua parte di baci sulle tue guance che arrossivano di piacere e in cui il sorriso scavava delle fossette.

*
*...*

Credo che tu sia sempre gelosa, mia piccola Pietra adorata. Ogni volta che abbraccio la tua mamma, mi sembra di sentirti reclamare:

Anch'io, papà!

E, poiché non ti rispondo solo per la grande voglia di piangere, tra la tua mamma e me tu ti infili; e sento sopra i miei abiti un peso, e su di me, ho come l'impressione di qualcosa che si arrampichi.

Ma non posso prenderti, sollevarti tra le mie braccia. Sulle tue guance che arrossivano di piacere e in cui il sorriso scavava delle graziose fossette, non posso porre dei baci, tanti baci.

*
*...*

Ecco perché, ogni volta che abbraccio la tua mamma, ci mettiamo a piangere.


 

V

Giusta
 

Se eri gelosa, eri anche giusta, mia piccola Pietra.

Quando ti avevo tenuta a lungo sulle mie ginocchia, quando ti avevo fatto molte carezze sulle tue guance che arrossivano di piacere e in cui il sorriso scavava delle fossette, spesso tu mi dicevi:

Abbraccia mamma, ora, papino mio. E, sorridendo, andavo ad abbracciare tua madre.
 

*
*...*

Ecco perché, quando a lungo le mie labbra si sono tese a vuoto sognando le tue guance così fresche, spesso vado, trattenendo le mie lacrime, ad abbracciare la tua mamma.


 

VI

Ciocche di capelli
 

Tua madre ha una ciocca dei tuoi capelli che è di un biondo pallido, molto pallido, quasi bianco.

Dove tiene questa ciocca di capelli di un biondo pallido, molto pallido, quasi bianco, che vorrei toccare con le dita, con gli occhi e le labbra, in modo da poterti rivedere e abbracciarti piccolissima?

Non lo so. E non voglio chiederglielo, perché piangerebbe.

Ma, senza l'aiuto dei graziosi capelli sottili, di un biondo così pallido, appena colorato, ti rivedo piccolina e così bionda, mentre corri e ridi, in mezzo ad altri bambini che corrono e ridono, laggiù, sotto i grandi alberi dei giardini del Lussemburgo.

*
*...*

Tua madre ha una ciocca dei tuoi capelli di un bel biondo caldo, un po' fulvo.

Dov'è, questa ciocca di capelli di un bel biondo caldo, quasi fulvo, che vorrei toccare con le dita, con gli occhi e con le labbra, in modo da poterti rivedere e riabbracciarti, un po' più grandicella?

Non lo so. E non voglio chiederlo a tua madre che piangerebbe.

Ma, senza l'aiuto dei capelli di un grazioso biondo caldo e un po' fulvo, ti rivedo un po' grandicella, mentre parli e corri dietro ad alcune farfalle, qui, nel parco, sotto i grandi alberi amici.

*
*...*

Tua madre ha anche una ciocca dei tuoi capelli che mi appare, se chiudo gli occhi, di un biondo stranamente triste, scuro, quasi bruno.

Ma li ha tagliati da troppo poco tempo perché voglia vederli.

Li ha tagliati sulla tua povera fronte fredda.

E la vedo troppo nel tuo letto bianco, la tua povera piccola figura dolorosa e del tutto bianca – oh! così bianca!

E mi ricordo che quando moristi, guardandoti per l'ultima volta, pensai: “Ma i suoi capelli sono quasi bruni!”. I tuoi capelli sembravano più scuri, perché il tuo volto era più pallido.

VII

Micino
 

Ti ricordi di Micino con cui giocavi sempre; Micino, così buono, che non ti graffiava mai; Micino, che ti regalai la mattina nel tuo lettino e che, colmo di gioia delle tue carezze e del tepore delle lenzuola, si metteva a far le fusa, a fare: “felice! felice!” come dicevi tu.

Questa mattina, è venuto a farmi visita nel mio grande letto, dove ti avrei presto accolta, se tu fossi stata qui.

Perché, questa mattina, ho fatto il pigro, e quando il tuo papino fa il pigro, volevi che ti accogliesse nel suo grande letto.

E Micino faceva: felice! felice! E si sfregava a me affinché lo accarezzassi.

Lo accarezzavo, ma senza pensare a lui.

Pensavo a te, che saresti così tanto contenta di stare un po' nel mio grande letto mentre facevo il pigro, e che riderei, e ti bacerei, con affetto!

E all'improvviso – ci sono delle volte che i papà sono pazzi come i bambini che inventano delle storie, - all'improvviso, ho preso quell'esserino vivente e mobile che era qui vicino a me e mi accarezzava, e l'ho abbracciato chiamandolo: Passerottina.

Forse l'ho stretto troppo. Ha gridato Miao!

E l'ho lasciato andare. L'ho lasciato andare, sorridendo con una grande voglia di piangere.
 

VIII

Taci
 

L'ultimo giorno in cui fosti insieme a noi mia piccola Pietra, tutta la giornata, con la tua voce, soffocata che faceva male ascoltare, parlavi, parlavi!

Dicevi delle cose dolci, gradevoli, tenere, fiorite di freschezza e di grazia ingenue.

Ma la tua povera voce soffocata faceva male ascoltarla.

E poi, avevo paura che dire tante parole, - tante parole fiorite di freschezza e di grazia ingenue, - affaticasse la tua povera gola malata.

E spesso ti supplicavo: “Taci, bambina mia”.

E, silenziosa, mi sorridevi con il tuo pallido sorriso, che parlava ancora.

*
*...*

Questa parola: “Taci!” è l'ultima che ti ho detta. La tua gola si stava per chiudere e i tuoi occhi rovesciare: tu mi dicevi ancora delle cose dolci e gradevoli, tutte fiorite di freschezza e di grazia ingenua.

La tua sorellina era morta da poco: le tue parole gradevoli mi erano dolorose come una carezza su una ferita che sanguina. Allontanavo prontamente il tuo bacio dalla mia piaga viva: “Taci! Taci!”.

Sei stata troppo obbediente, mia adorata.

E vorrei ancora sentirti parlare, anche con la tua voce soffocata degli ultimi giorni.

Ridimmi, Passerottina, le cose dolci e gradevoli che mi dicevi quel giorno.

Le so tutte a memoria, bambina mia, ma mi daresti una grande gioia dicendomele di nuovo.

*
*...*

No, tesoro, taci! taci!

Temo che tu abbia udito il mio assurdo desiderio e che ora, là, sotto terra, per parlarmi, tu ti affatichi in vani sforzi tormentosi.

Taci, bambina mia, taci! E dormi tranquilla, Buone nanne, Passerottina, buone nanne!

 

IX

Ci divertiamo molto, noi due
 

Nelle lunghe serate d'inverno, non appena avevi cenato, venivi da me, con il tuo tovagliolo ancora sul tuo grembiule. Salivi sulle mie ginocchia, gettavi le braccia intorno al mio collo; mi abbracciavi. E rimanevi un momento, tenera, a intenerirmi.

Poi scendevi. Mi dicevi:

- Papà, divertiamoci.

E ci divertivamo.

Ci divertivamo a fare dei giochi buffi, di tua invenzione; dei giochi che non piacevano sempre alla mamma. Perché avevi, così gracile e così frenetica, dei giochi un po' violenti a volte.

*
*...*

Mi dicevi:

- Papà facciamo la grande battaglia!

E mi davi con la tua manina dei colpi sulla mano.

Ma non volevi che la mia mano rimanesse immobile. Essa doveva andare verso la tua. La tua mano cadeva, leggera e rapida, sulla mia mano che saliva, lenta, verso la tua manina. Tu protestavi:

- Su, papà, più velocemente!

E, a ogni incontro, sorridevi o ridevi.

Qualche volta sorridevi dicendo:

- Ho perso la battaglia.

Quasi sempre ridevi dicendo:

- Ho vinto la battaglia.

Come distinguessi le battaglie vinte da quelle perse, questo, io, non l'ho mai capito.

*
*...*

Qualche volta, il colpo era un po' forte sulla tua gracile manina.

Allora, pronta a piangere o a ridere, mi guardavi con i tuoi graziosi occhi irritati.

E mi domandavi:

- È per scherzo, vero, papà?

- Ma certo, Passerottina, è per scherzo.

Allora scoppiavi a ridere. E venivi ad abbracciarmi.


 

*
*...*

La tua mamma ti chiamava: Cattivo maschietto!

E ci guardava con aria severa che si dissipava in una risata. Ci guardava come due bravi bambini, ma le cui abitudini meravigliano un po'.

Tu, ti stringevi a me. E mi dicevi:

- Ci divertiamo tanto, noi due, vero, papà?


 

X

Dei versi


 

Un giorno, mi dicesti:

- Cosa sono i versi, papà?

Ti vedo ancora mentre mi poni questa domanda.

Era in città sul grande viale i cui tigli in fiore avevano un odore così dolce, in mezzo al prato di un verde giovane, quasi infantile. Passeggiavamo insieme. Per chiedermi questo, ti fermasti e mi facesti fermare.

Dovevi avere quattro anni, forse quattro e mezzo.

Ma leggevi già correntemente. E, tra i libri che leggevi di solito, c'era un libretto di favole in versi.

Però, malgrado la tua scienza precoce, la risposta alla tua domanda mi sembrava molto difficile.

E ti risposi:

- Non posso spiegartelo. Sei troppo giovane, Non capiresti.

Allora tu, molto fiera e un po' ribelle:

- Ma sì, papà, capirei. Lo prova il fatto che lo so.

- Dillo allora.

- Lo so, ma non so dirlo.

Ti feci notare un passero che svolazzava davanti a noi. E il passero t'interessò.

*
*...*

Ma quando il passero partì, la tua testolina si rimise a lavorare. E, di colpo, mi dicesti:

- Papà, ho trovato come si può dirlo. I versi, è quando si rima.

- Sì, cara, ma non puoi sapere cos'è la rima. Sei troppo piccola.

- Ma sì, papa, lo so... La rima, è... è quando è la stessa cosa.

*
*...*

Alcuni giorni dopo, mi dicesti:

- Papà, ho fatto dei versi.

- Ah, come esempio!

- Sì, papà. Ascolta:

 

Batto il mio asinello
A colpi di randello
Perché è cattivello

*
*...*

Sì, avevi fatto dei versi. E la rima ti aveva fatto dire delle cose prive di senso. Perché mai hai avuto un asinello o un randello. E mai avresti battuto il tuo asinello, se mai ne avessi avuto uno.

Eri una poetessa molto crudele, esserino pieno di dolcezza e di pietà.

 

XI

Il dono delle lacrime


 

Come avresti fatto a battere il tuo asinello, tu che non potevi sopportare di vedere pulcinella battere sua moglie o il commissario?

Ti ho portato una sola volta a questo spettacolo divertente che per te fu uno spettacolo doloroso.

Perché, non appena Pulcinella alzò il suo bastone, tu ti mettesti a piangere. E gridasti:

- Non voglio che la colpisca!

Ma la tua volontà non poteva nulla. La batteva lo stesso.

Ho avuto un bel da fare a spiegarti che era per scherzo; che Pulcinella e sua moglie erano di legno. Tu continuavi a piangere e gridare:

- Non voglio che la colpisca.

Tutti i bambini si voltavano e ridevano della tua pietà dolorosa e inutile, ancora più che per lo spettacolo di violenza e di dolore.

Fui obbligato di condurti lontano da quello spettacolo troppo simile alla vita.

Non ho mai potuto raccontarti sino in fondo Pollicino né Cappuccetto rosso. Non appena Pollicino e i suoi fratelli erano persi nel bosco, tu piangevi così tanto da essere obbligato di riportarli subito tra le braccia dei loro genitori e di farli amare molto, molto, e di moltiplicare gli scherzi divertenti all'orco cattivo, senza troppo sapere ciò che aveva fatto nella fiaba.

Quando Cappuccetto rosso incontrava il lupo, subito piangevi. Ero obbligato a far uscire da dietro un albero un grande cane che metteva in salvo il lupo.

E il Lupo e l'Agnello! Non potesti mai leggerlo interamente nel tuo libro delle fiabe.

Non c'era modo di raccontarti delle storie. Perché le storie, anche quelle che finiscono bene, hanno sempre un momento crudele della vita.

*
*...*

È per questo che il buon Dio ha avuto paura che tu piangessi troppo e ti ha portato lontana dallo spettacolo della vita, che è tanto crudele quanto lo scenario di Pulcinella.

È per questo che il buon Dio l'ha fatta breve con la storia della vita che cominciava a raccontarti. Ha fatto bene, tesoro mio. Avresti pianto troppo. Ci sono troppi Pollicini persi nel bosco, troppi agnelli divorati dai lupi.

Hai avuto ragione a non ascoltare il doloroso seguito della fiaba che non è una fiaba.

*
*...*

Ora, sei, indubbiamente, davanti a uno spettacolo di gioia, di dolcezza e d'amore.

Ah! se, dall'altro lato, Pulcinella bacia sua moglie invece di batterla; e se i lupi si divertono, molto gentili con gli agnelli; come devi guardare tutto ciò con occhi grandi grandi, piccola Pietra! E come deve essere felice e grazioso, il tuo grazioso sorriso!

 

 

XII

Smarrito
 

Sono molto in ritardo, questa sera, vero, mia piccola Pietra?

Ti dico il perché. Ma temo che tu mi chiami: “Sciocchino di un caro papino!”.

*
*...*

Ti ricordi la tua ultima passeggiata, Passerottina, quella in cui cogliemmo delle pervinche così graziose e delle violette che profumavano tanto?

L'ora di un appuntamento d'affari si approssimava. Ti lasciai con la tua mamma a cogliere violette e pervinche e corsi verso la città.

Quando rientrai, finita la mia giornata, salisti sulle mie ginocchia, tu mi abbracciasti come sempre.

Ma avevi, quel giorno, una graziosa aria maliziosa. E maliziosa mi dicesti:

- Sai, papino, ci siamo perse

E, baciando le tue fresche guance sorridenti, dissi:

- Vi siete perse! Ah! Le mie due care sciocchine!

Allora scoppiasti in quel modo di ridere adorabile, in quel ridere chiaro come acqua di cascata, di quel ridere che non udirò più.

Poi il tuo adorabile ridere si fermò e gridasti:

- Vedi, mamma, te lo avevo detto che ci avrebbe chiamate: adorabili sciocchine!

E ridesti ancora. E ridesti a lungo! E riempisti la casa e il cuore di quel suono gioioso che non udrò mai più.

*
*...*

Ah! se ridessi ancora, quanto rideresti oggi.

Perché, sulle colline, in un bosco dove ti ho colto queste pervinche blu e queste pervinche bianche, mi sono perso.

Quando sono riuscito a ritrovare la strada, mi credevo distante un chilometro ne ero invece a dieci.

Allora mi misi a correre.

Ma ebbi un bel da fare a correre, arrivai in ritardo. Scommetto che questo ti ricorda una favola che a volte ci recitavi; lo sai: la Lepre e la Tartaruga:

A nulla serve correre, si deve partire in tempo.

*
*...*

E, come dicevi un tempo, era “completamente spassoso”, questo papà che si era perso come un bambino, questo papà che correva, questo papà che arrivava in ritardo.

Ma sai perché non ridevo correndo? È perché non puoi più ridere con la tua risata chiara come acqua di cascata. È perché non avevo abbastanza paura che tu mi chiamassi “Quello sciocchino del mio caro papino!”.

XIII

Mamma e papà
 

I tuoi giocattoli, i tuoi vestiti, tutto ciò che ti appartenne, è allo stesso posto. Una camera la cui porta, e le finestre, e le persiane sono chiuse. La tua mamma non vi entra mai, e, quando passa davanti alla porta, devia.

Io, non appena la tua mamma non può vedermi e sentirmi, entro in questa camera e apro, del tutto, le persiane e le finestre, perché tu amavi così tanto l'aria e la luce. E tocco i tuoi giocattoli. E tocco i tuoi vestiti. Apro e chiudo i cassetti del tuo negozio, e mi ricordo come delicatamente giocavi al piccolo mercante. Copro di baci la tua graziosa maglietta alla marinara, ma non con forza, tremando al pensiero di farle perdere la graziosa forma del tuo corpicino.

Ed è molto bello, tesoro, essere là noi due soli, nella grande luce.

*
*...*

Quando, sulla strada, incontriamo uno dei tuoi piccoli amici, la tua mamma ha un sussulto e, per non vederlo cambia strada.

Io, con uno sguardo distante, sono il tuo piccolo amico e sorrido al suo sorriso.

*
*...*

Nella casa del tuo piccolo amico Jacques, di fronte alla nostra casa di città, la tua mamma non va mai più.

Io, ci vado spesso, e prendo sulle mie ginocchia il tuo amichetto Jacques e lo bacio.

*
*...*

E ci sono delle volte in cui credo che sia tu a stare sulle mie ginocchia, che sia tu che bacio.

*
*...*

Da dove viene il fatto che uno stesso amore abbia degli effetti diversi? Da dove viene il fatto che ciò che mi consola la affligga?

Perché tutto ciò che ti fa rivivere mi fa bene ed è così doloroso per lei?

Sei più morta per lei che per me, che nulla può darle la dolce illusione di essere ancora viva?

O il dispiacere che viene dopo, quando ci si dice che “non è vero”, è per lei più grande della felicità di credere per un secondo che sia ancora vero?

Io trovo che un secondo di felicità, è lungo, lungo, lungo!

Il mio amore per te, Passerottina, mi immerge in una follia molto dolce, sorridente, che mi fa sentirti sulle mie ginocchia quando non sei tu a stare sulle mie ginocchia, che mi permette di baciarti su delle guance rosa che non sono affatto le tue guance rosa; che rende vivo e pieno il vuoto immobile e penoso delle tue magliette.

Ricopro il presente doloroso con del passato gioioso; faccio sulle parole nere delle cancellature di luce.

*

*   *

Non capisci ciò che voglio dire, Passerottina. Eppure è così semplice.

Posso dire che ti amo molto, e anche la tua mamma.
 

XIV

La tua palla
 

Un giorno che ero partito per la città, ti avevo promesso di riportarti una palla se fossi stata molto buona fino al mio ritorno.

Ma ebbi molte cose da fare a Préville quel giorno. E quando si hanno molte cose da fare, si finisce con il dimenticare le più importanti. Dimenticai la tua palla.

Quando tu me la chiedesti, ti risposi che il mio uccellino mi aveva detto che eri stata un po' cattiva. Allora avevo lasciato la palla nella nostra casa di città e sarei andato il giorno successivo a prendertela, se tu fossi stata molto buona.

E piangesti un po', mio tesoro. Sai, me la prendo tanto di averti fatto piangere; e quando ci ripenso, piango!

*
*...*

L'avesti il giorno seguente, la tua palla. Ma avevi già male alla gola. Non dovevi uscire. Ci giocasti, per un minuto, nella camera. Ma sollevava molta polvere dal tappeto.

Ti spiegai che questa polvere ti avrebbe fatto stare ancora di più male.

E mettesti la tua palla in un angolo. Avevi forse voglia di piangere. Ma fosti molto buona, non lo lasciasti vedere.

*
*...*

Il giorno successivo, eri a letto, E non ti sei alzata che una volta soltanto. E, quella volta, potevi appena camminare. E non sei rimasta in piedi più di cinque minuti.

E, seguendoti, circondandoti con le braccia, pronto a sostenere il tuo cammino vacillante, sei andata all'angolo della tua camera dove dormiva la tua palla.

L'hai fatta rotolare all'altro capo della camera, L'hai fatta rotolare una volta, una volta soltanto.

Perché, subito, avemmo paura di farti affaticare, e ti facemmo mangiare un po' di tapioca e ti rimettemmo a letto.

*
*...*

Un altro giorno, nel tuo letto, volesti giocare a palla.

E ti diedi la tua palla. Me la lanciasti, la presi; te le rispedii sul letto, affinché tu me la lanciassi di nuovo.

La tua mamma entrò in quel momento. Ci disse che eravamo due piccoli pazzi e che avremmo finito con il rompere qualcosa.

E tu ridesti un poco. Ma il tuo volto era pallido, le tue labbra che si aprivano per ridere erano molto pallide; e la tua risata era molto sommessa, perché non potevi parlare e ridere che a voce bassa, con voce soffocata, povero tesoro.

E io sorridevo nel vederti ridere. E io ridevo molto forte per farti ridere. Ma avevo delle lacrime agli occhi nel vedere così pallido il tuo sorriso e udire così poco la tua risata a voce bassa, a voce soffocata.

*
*...*

Con i tuoi altri giocattoli, nella camera dove la tua mamma non entra mai, dorme, la tua palla che fu così poco la tua palla.

 

 

 

Le Livre de Pierre, par Han Ryner - Han Ryner (1861-1938)

Le Livre de Pierre, par Han Ryner - Han Ryner (1861-1938)

Je reprends sur une seule page l'intégralité du Livre de Pierre, pour faciliter la consultation. Voici ce que j'écrivais le 26 juillet 2007 pour présenter ces petites proses : Le Livre de Pierr...

http://hanryner.over-blog.fr/article-14488408.html

Condividi post

Repost0

Presentazione

  • : La Tradizione Libertaria
  • : Storia e documentazione di movimenti, figure e teorie critiche dell'esistente storico e sociale che con le loro azioni e le loro analisi della realtà storico-politica hanno contribuito a denunciare l'oppressione sociale sollevando il velo di ideologie giustificanti l'oppressione e tentato di aprirsi una strada verso una società autenticamente libera.
  • Contatti

Link